Pour changer un peu, je vais parler musique et, plus précisément, de ZZ Top que je suis allé voir aux arènes de Nîmes le vendredi 9 juillet avec quatre de mes amis. Ce la faisait longtemps que je voulais voir ce groupe en live, morceau vivant d'histoire du rock ; d'autant plus que les membres du groupe ne sont plus tous jeunes. Aussi ai-je préparé une expédition Clermont-Ferrand-Nimes dès que les dates de concert en France ont été révélées.
La scèneC'est la première fois que j'allais dans les Arènes (à vrai dire, c'était la première fois que j'allais à Nîmes). Si la superficie est relativement modeste (c'est une "petite" salle de concert par rapport à un vrai stade), l'architecture est très imposante. Bien évidemment, une horde de grosses meules stationne devant les arènes... Dans l'ensemble je suis assez étonné, je m'attendais un public plutôt âgé, mais la pyramide des âges de l'audience me paraît en pratique plutôt bien distribuée. Un mauvais point pour le service de sécurité à l'entrée qui dépuillait les spectateurs de leurs appareils photos. Une mesure aussi inutile qu'inique puisqu'aujourd'hui de nombreux téléphones mobiles peuvent photographier et filmer aussi bien qu'un appareil d'entrée de gamme. Un bon point au service de sécurité à l'intérieur, en revanche : notre cinquième compère n'avait qu'un billet pour les gradins, mais il a été autorisé à passer dans la fosse avec nous.
Nous sommes placés dans la fosse, au 2eme/3eme rang environ, à quelques mètres à peine des barbus !
La première partieLa première partie (45 minutes) a été assurée avec brio par
Joe Bonamassa, un excellent guitariste dont j'ai découvert le nom en réservant les bilets du concert. Bonamassa part avec aisance dans des solos compliqués, alternant avec succès des morceaux puissants et des balades bluesy. Il parvient aisément à chauffer les arènes et à gagner la ferveur un public qui n'était pas forcément connaisseur. C'est aussi la première fois que je vois quelqu'un jouer du
Theremin dans un concert de rock ! Un frisson me parcourt lorsque je remarque sur le côté de la scène Frank Beard (le batteur de ZZ Top) qui observe attentivement la prestation de Joe, tout en fumant des cigarettes gigantesques.
Pour découvrir l'artiste, je vous recommande d'écouter "
The ballad of John Henry" sur Deezer.
L'entrée en scèneToutefois, Joe Bonamassa sait que le public attend impatiemment le "main event", et ne cherche pas à tirer sa partie longueur. Le temps de faire le changement de scène (et d'installer un mur d'ampli de chaque coté), on sent que le public est à cran. C'est alors que, enfin, Billy Gibbons (guitare), Dusty Hill (Basse) et Frank Beard (batterie) rentrent en scène pour démarrer sur un fulgurant
Got Me Under Pressure. Et c'est parti pour 1h20 de pur plaisir !
La setlist
[Voir le message caché (spoiler)]
Le showPendant 1h20, les 3 texans (61 ans chacun au compteur) vont assurer sur un show réglé comme du papier à musique. Si Frank Beard reste très professionnellement vissé à sa
monstrueuse batterie, Billy et Dusty s'amusent comme des gamins sur scène (mimiques, pas de danses chaloupés, etc). Avec les années, le jeu s'est ralenti (rien à voir avec les lives des années 70 tels qu'on peut les entendre sur l'album "Fandango!". Billy Gibbons enchaine jouant avec l'aisance (certains diront la fainéantise) déconcertante d'un transatlantique. On plaisante entre deux morceaux (Billy dit qu'il n'est pas venu à Nîmes en bateau ni en avion, mais "
à bicyclette") et, bien entendu, on se lisse régulièrement la barbe entre deux morceaux (et même pendant les morceaux !). La foule est en délire lorsque des playmates rock'n'roll apportent à Billy son "chapeau pour jouer du blues".
Les morceaux sont assez subtilement choisis afin que Billy, dont la voix est devenue TRÈS rocailleuse avec l'âge, soit souvent relayé par Dusty, dont la voix est toujours aussi haute et puissante. Le groupe ressort même "Brown Sugar", un titre issu de leur tout premier album (1970). Le plaisir est total lorsque Billy reçoit sa Les Paul dorée, dégaine le bottleneck et se lance dans les
slides endiablé de "Just Got Paid" .
CritiqueOn ne voit pas le temps passer ! C'est sans aucun doute le concert qui m'a apporté le plus de plaisir jusqu'à présent.
En revanche, les fans réguliers pourront reprocher que le groupe ne se renouvelle pas énormément sur les titres joués en live. On ne retrouve aucun morceau postérieur à 1990 (excepté l'indéboulonnable Pincushion). Les "imprévus" étaient "Brown Sugar" et "Party On The Patio" qui n'avaient plus été jouées depuis des années, ainsi que les deux
covers "Hey Joe" et "Rock Me Baby" (excellente).
J'avais lu un certains nombres de commentaires qui affirmaient que ZZ Top faisait parfois du playback. Pour la basse, guitare et batteries, c'est clairement FAUX : ZZ Top joue en direct. Vocalement également, tout est en live, sauf sur Gimme All Your Lovin' (overdubbing sur le refrain) ainsi que sur
Legs et Sharp Dressed Man (très probablement playback vocal total : voix trop "jeunes", absolument aucune variation sur les paroles par rapport à l'album). Je suppose que c'est le prix à payer pour satisfaire une partie du public avec les 3 gros hits des années 80, en faisant fi du poids des années. Personnellement, je trouve que le groupe aurait suffisamment de titres fantastiques à son actif pour les remplacer.
Au passage, on est également impressionné par le physique de Billy Gibbons dont la maigreur fait froid dans le dos (mais, depuis 20 ans qu'il est comme, il semble tenir le coup ...). je n'ose pas imaginer sa tête sans barbe, sans lunettes noires et sans son éternel bonnet africain (sous lequel il est probablement chauve

). Les barbes ont blanchi et sont moins fournies, mais le son lui est toujours là !
En conclusion, je dirais tout simplement qu'il FAUT les avoir vus !
dans #095 - Dragon Ball Z - version 2